Site Officiel du Château de Blois

Du 13 septembre 2012 09:00 au 14 septembre 2012 17:30

Culture de table : échanges entre l'Italie et la France (15e – mi-17e siècle)
Colloque international à Blois
D’après certains historiens, la cuisine française à la Renaissance aurait été fortement influencée par la cuisine italienne. Cependant, les études récentes montrent une réalité beaucoup plus complexe. Entre héritage de la tradition médiévale, régionalismes et influence italienne, la cuisine française de la Renaissance avait de multiples facettes.

La Fère, musée J. d'Aboville, Brueghel de velours, Allégorie du goût_400pxLa grande cuisine française serait née dans les fourneaux des cuisiniers italiens qui accompagnèrent Catherine de Médicis lors de son mariage avec le futur Henri II en 1533. Présente tant en France (préface des Dons de Comus, 1739, article « cuisine » du chevalier de Jaucourt dans l’Encyclopédie, 1754) qu’en Italie (La cuciniera piemontese, 1771, Giovanbattista Roberti, Lettre sur le luxe, 1772), cette affirmation s’impose durablement à partir du 18e siècle. Bien que combattue dans la seconde moitié du 20e siècle, elle demeure encore aujourd’hui un lieu commun fortement associé à la Renaissance et à son goût du sucre. Pourtant la nouvelle cuisine française rejette les épices, refuse l’aigre-doux et dévalorise le sucre. En revanche, Giovanni de’ Rosselli, auteur d’une nouvelle mouture des recettes de Martino en 1517 (Opera nova chiamata Epulario…), se présente, dès la page titre du traité, comme étant français, reconnaissance explicite de la qualité de sa cuisine !

La question controversée de l’influence de l’Italie sur la cuisine française sera au coeur de ce colloque organisé dans le cadre d’une exposition sur la table au temps des derniers Valois (château royal de Blois, été 2012). Son objet est de repérer et d’évaluer, entre le 15e siècle et la première moitié du 17e siècle, les influences réciproques entre l’Italie et la France dans le domaine de l’alimentation, de la production des mets à leur consommation. Sans perdre de vue la question centrale des échanges entre l’Italie et la France, la prise en compte des apports d’autres aires culturelles, par exemple les États bourguignons ou l’Espagne, devrait également nous permettre de nuancer les réponses.

Organisation scientifique :
Pascal Brioist, professeur d’histoire moderne, université de Tours, CESR
Florent Quellier, maître de conférences en histoire moderne, université de Tours, Chaire CNRS histoire de l’alimentation des mondes modernes, IEHCA

Comité scientifique :
Michèle Bimbenet-Privat, Musée du Louvre, Paris
Monique Chatenet, Centre André Chastel, CNRS, Paris
Jean Céard, professeur émérite Paris Ouest-Nanterre-La Défense
Allen J. Grieco, The Harvard University Center for Italian Renaissances Studies, Florence
Elisabeth Latrémolière, Château royal de Blois
Bruno Laurioux, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines
Massimo Montanari,Università degli Studi di Bologna

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