Gratuit pour les participants aux 14e Rendez-vous de l’Histoire de Blois, sinon inclus dans le tarif d’entrée du château royal.
Les richesses de l’Orient font l’objet d’un commerce depuis de nombreux siècles lorsque Marco Polo en fait l’apologie dans ses récits au XIIIe siècle. Mais au XVe siècle, les anciennes voies commerciales comme la route de la soie sont contrôlées par les musulmans. Pour contrer ce monopole les Européens cherchent de nouvelles routes vers l’Inde. Grâce au progrès de la navigation, les Portugais dépassent le cap de Bojador en 1434 et fondent des comptoirs sur la côte africaine. Ils contournent ensuite le cap de Bonne espérance en 1488 et effacent la conception médiévale de la géographie terrestre. Vasco de Gama, aidé du marin arabe Ibn Madjid, atteint l’Inde en 1498. Son voyage inaugure un siècle de suprématie portugaise dans le commerce asiatique.
A la fin du XVIe siècle, la couronne d’Espagne annexe le Portugal et interdit aux réformés l’accès au port de Lisbonne. La pénurie de marchandises et le développement du commerce maritime décident les Anglais et les Néerlandais à se lancer à la conquête de la route des Indes. Vers 1600, ces deux états créent les premières compagnies bénéficiant du monopole du négoce au-delà du Cap de Bonne-Espérance.
La puissance financière, logistique, militaire et régalienne des compagnies permet d’évincer les Portugais et de structurer le commerce avec l’Asie. Des comptoirs sont fondés par des traités d’entente avec les rois et les suzerains. La périlleuse aventure maritime et financière devient plus sûre. La vente des marchandises asiatiques rapporte beaucoup d’argent aux actionnaires des compagnies.
En France, au début du XVIIe siècle, quelques expéditions privées partent vers l’Asie, comme celles de marchands malouins ou celles de la compagnie du duc de Montmorency. Ces expéditions échouent puisque les vaisseaux sont détruits ou confisqués par les Hollandais. Lorsque Louis XIV le nomme intendant de la Marine en 1663, Colbert rêve de donner à la France une marine puissante. Sous son impulsion la flotte de guerre passe de 18 bâtiments en 1661, à 276 en 1683.
En 1664, il restaure la marine marchande française en créant la Compagnie des Indes sur le modèle hollandais de compagnie de commerce à capitaux d’état. Le Port-Louis sur la côte sud de Bretagne est choisi par le roi pour y installer la compagnie. La rade est protégée par l’île de Groix et son entrée est défendue par la citadelle de l’Aigle. Ce lieu est idéal pour l’approvisionnement des marchandises nécessaires à la construction navale en raison de la proximité de Nantes.
Dès lors, la compagnie étend son emprise en bâtissant chantiers de construction et d’armement de navires, magasins de marchandises, la salle des ventes… Autour de l’enclos du port renfermant ces infrastructures, les ouvriers commencent à construire des logements. Ils bâtissent la ville de Lorient qui compte 20 000 habitants à la fin du XVIIIe siècle. Lorient, porte de l’Inde, voit partir tous ceux que l’Orient fait rêver, mais c’est surtout le lieu où arrivent toutes les marchandises en provenance d’Asie : les soies et les porcelaines de Chine, les mousselines et indiennes de l’Inde, le thé, le café, les drogues médicinales, les épices, les bois précieux, sans parler des tigres royaux du Bengal, du rhinocéros et de l’éléphant d’Asie, des oiseaux exotiques.
Au XVIIIe siècle, la Compagnie perpétuelle des Indes développe considérablement son activité et arme environ 540 navires. Mais la chute de l’empire Moghol en Inde et la disgrâce de Joseph Dupleix en 1754, qui était Gouverneur Général des établissements Français en Inde depuis 1742, laissent le champ libre à Robert Clive qui impose l’hégémonie anglaise sur le territoire indien et jette les bases du futur empire britannique. La Révolution française aura raison de la Compagnie des Indes qui perd ses privilèges dans la nuit du 4 août 1789 mais continue de fonctionner jusqu’en 1793 afin de procéder aux liquidations des affaires.
Le parcours muséographique de l’exposition s’efforce de reprendre l’essentiel de ce récit historique en s’adaptant au trois salles d’expositions temporaires du château royal de Blois. La première salle est consacrée aux Compagnies françaises des Indes, au pouvoir, à l’argent et à la ville de Lorient. La deuxième salle présente l’épopée des marins en route vers l’Orient. Enfin, la troisième salle, permet d’évoquer les marchandises et les rêves d’Orient grâce à la présentation de quelques uns des rares objets précieux qui sont aujourd’hui conservés dans les collections publiques.

Exposition produite par la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du ministère de la Défense et des Anciens combattants, en partenariat avec le musée de la Compagnie des Indes de la ville de Lorient.
Cette exposition est présentée au château royal de Blois dans le cadre des 14e Rendez-vous de l’histoire de Blois consacrés à "L’Orient".